La prière dominicale est là pour que nous prenions le temps, le temps de nous retourner sur les évènements de notre vie, petits et grands, récents ou plus anciens, pour les offrir à Dieu ; Celui que le Christ nous apprend à connaître et à aimer : un Dieu qui libère, qui réintègre dans la communauté, un Dieu qui pardonne. Un Dieu sauveur. Un Dieu Père.
Merci qui ?
La pointe de l’évangile, elle est dans ce mot du Christ au lépreux reconnaissant : « Relève toi et va : ta foi t’a sauvé. »
Ta foi ! Alors qu'il ne s'agit pas d’un bon juif mais d'un Samaritain, un étranger, qui n'a justement pas une foi très orthodoxe, qui ne prie pas le Dieu d’Israël en son Temple à Jérusalem mais ailleurs, sur le mont Garizim. Alors qu’il s’agit d’un homme au banc de la société, stigmatisé par cette maladie repoussante. Enfin, et c’est un comble, Jésus va jusqu’à lui attribuer le mérite de sa guérison : « Ta foi t’a sauvé. »

Le temps des cerises
Agir en secret, se parfumer pour un rendez-vous… Pourquoi nos exercices de piété ont-ils souvent un goût de carême, alors qu’ils devraient respirer un parfum d’adolescence ? N’entendons-nous pas, dans l’évangile, un écho de ce temps des premiers rendez-vous d’amour, quand il importe que personne n’en sache rien, ni les amis, ni les frères et sœurs, ni surtout les parents qui ne comprendraient rien. Alors on prétexte d’aller travailler chez un ami pour couvrir le rendez-vous secret. On guette fiévreusement le courrier pour être le premier à trouver cette lettre tant attendue, afin qu’elle ne suscite pas la question indiscrète de maman, le sourire amusé de papa. On met même, pour la première fois, un peu de parfum pour plaire à l’être aimé – mais pas trop, de crainte d’être repéré.
Le 9 octobre 2025, alors qu’il recevait les représentants des grandes agences de presse, Léon XIV a adressé ce message : « Le monde a besoin d’une information libre, rigoureuse et objective. Dans ce contexte, il vaut la peine de rappeler l’avertissement d’Hannah Arendt, selon laquelle ‘’le sujet idéal de la domination totalitaire n’est pas le nazi convaincu ni le communiste convaincu, mais les personnes pour qui la distinction entre fait et fiction, entre vrai et faux, n’existe plus” (Les Origines du totalitarisme). »
Premier pape américain de l’histoire, Léon XIV est un religieux augustin : il cite le Père de l’Église sans relâche depuis maintenant cinq mois dans presque toutes ses homélies, ses discours, lettres ou messages. Et ce lien intime qu’il tisse avec l’évêque d’Hippone (354-430) n’est peut-être pas sans lien avec son choix de citer cette grande penseuse du XXe siècle, qui est aussi sa compatriote.
« Vous avez repéré sa citation d’Arendt jeudi dernier ? Qu’en avez-vous pensé ? Rien ? Eh bien vous devriez jeter un coup d’œil au sujet de sa thèse », nous torturait en début de semaine une source vaticane, membre de la Curie et enseignant en théologie.

