Communauté de Paroisses St. Gabriel Val de Sarre Nord

 

 

La prière dominicale est là pour que nous prenions le temps, le temps de nous retourner sur les évènements de notre vie, petits et grands, récents ou plus anciens, pour les offrir à Dieu ; Celui que le Christ nous apprend à connaître et à aimer : un Dieu qui libère, qui réintègre dans la communauté, un Dieu qui pardonne. Un Dieu sauveur. Un Dieu Père.

Merci qui ?

La pointe de l’évangile, elle est dans ce mot du Christ au lépreux reconnaissant : « Relève toi et va : ta foi t’a sauvé. »

Ta foi ! Alors qu'il ne s'agit pas d’un bon juif mais d'un Samaritain, un étranger, qui n'a justement pas une foi très orthodoxe, qui ne prie pas le Dieu d’Israël en son Temple à Jérusalem mais ailleurs, sur le mont Garizim. Alors qu’il s’agit d’un homme au banc de la société, stigmatisé par cette maladie repoussante. Enfin, et c’est un comble, Jésus va jusqu’à lui attribuer le mérite de sa guérison : « Ta foi t’a sauvé. »

En effet, ce qui compte pour le Christ, ce n'est pas l'étiquette sur le flacon, ce n’est pas d’obéir au règlement, c'est cette capacité du cœur à rendre grâce, cet élan de gratitude envers ce Dieu qui guérit. La foi, c’est cette liberté retrouvée de pouvoir se retourner vers l’origine de la vie.

Tous ont eu leur vie radicalement transformée, tous ont été réintégrés dans le monde des vivants ; un seul a su le reconnaître, un seul revenir à la source du Salut et se jeter face contre terre aux pieds de Jésus dans un geste d’adoration que Jésus transforme en geste de conversion : « Relève toi et va : ta foi t’a sauvé. »

Il nous arrive de nous demander ce qu'est la foi : Est-ce que j'ai la foi ? Quelle place tient-elle dans ma vie ? Qu'est-ce que ça change dans ma vie ?

Jésus répond : La foi, c'est ce qui relève. C'est ce qui libère. C'est ce qui fait sauter toutes les chaînes qui entravent, à commencer par celles qui touchent à l’intime, à la vie même de l’esprit, à notre relation personnelle à Dieu. La foi, c’est cet élan de gratitude, cette reconnaissance envers celui qui est à l’origine de tout.

Jésus a lutté toute sa vie contre les exclusions, contre toutes les formes d'exclusion, notamment les barrières dressées au nom de la religion. À l’époque, un livre de la Bible, le Lévitique, régissait minutieusement les rapports de l'homme avec Dieu : la lèpre était un motif d'exclusion majeur de la communauté. Pire, elle était considérée – et il en allait ainsi à l’époque de toute maladie - comme un fruit du péché et donc enfermait dans une culpabilité sans issue.

Les dix lépreux sont guéris mais un seul sera véritablement sauvé d’avoir reconnu la force, la gloire de Dieu à l’œuvre dans sa vie. Sauvé, c’est-à-dire à jamais accueilli dans la famille de Jésus.

Et nous, quel type de lépreux sommes-nous ? Sommes-nous capables de reconnaître, de nommer le mal qui nous ronge ? Sommes-nous capables de nous relever, de reconnaître, de nommer Celui qui nous libère ? Sommes-nous capables de nous tourner vers Celui qui est le chemin, la vérité et la vie et mettre notre avenir entre ses mains ?

 

Frère Jean-Pierre Mérimée

Dimanche dans la Ville