Un des défis les plus urgents sur lesquels le Pape François s’est arrêté dans son message écrit pour le Carême 2015 est celui de la mondialisation de l’indifférence. « L’indifférence envers son prochain et envers Dieu est une tentation réelle même pour nous, chrétiens. C’est pour cela que nous avons besoin d’entendre, lors de chaque Carême, le cri des prophètes qui haussent la voix et qui nous réveillent ».
Le Carême, ce sont 40 jours pour lutter contre l’indifférence envers Dieu et se préparer à la fête de Pâques.
- Détails
À peine avons-nous prononcé ce mot que nous pensons : faire des efforts, des privations, tenir des résolutions, en un mot froncer les sourcils et prendre la tristesse au sérieux ! Un Carême qui part de nous pour aller à Dieu, au lieu de partir de Dieu pour aller à nous.
- Détails
Jésus parle à ses disciples de "sa venue". Quelle venue? Pour l'évangéliste, il s'agit de sa venue glorieuse lorsque le monde basculera dans le monde neuf et autre de Dieu. Mais quand cela adviendra-t-il ?
Le temps de la préparation
Esprit saint, par le souvenir de la première venue du Fils de Dieu parmi nous à Bethléem, oriente notre regard et notre coeur vers la seconde venue du Seigneur à la fin des temps.
Le temps de l'observation
Trois fois, Jésus demande impérativement à ses disciples de «veiller». Mais pourquoi? Jésus veut que ses disciples se tiennent prêts pour l'accueillir lors de sa «venue».
Une petite parabole renforce cette insistance. Avant de s'absenter un homme confie à ses serviteurs le soin de faire fonctionner la maison sans lui. Le portier comme les serviteurs ignorent tout du moment de son retour. À force d'attendre et ne voyant rien venir, les serviteurs peuvent se lasser, s'endormir!D'où la consigne de «veiller» en permanence. La parabole précise cependant que la venue du maître se fera de nuit : «le soir, le milieu de la nuit, le lever du jour au chant du coq, et la fin de la nuit ou matin». Ce sont les quatre divisions traditionnelles de la nuit.
Le temps de la méditation
Peut-on repérer dans ce petit texte de Matthieu les traces habituelles : foi de Pâques, vie des communautés, allusion au monde à venir, présence des Écritures, souvenir sur Jésus?
La foi de Pâques
Bien sûr, la foi de Pâques forme l'armature du texte. La venue glorieuse de Jésus est la conséquence de sa victoire sur la mort. Jésus est entré dans le monde de Dieu pour y préparer notre place. À la fin des temps, le monde actuel cédera définitivement la place au monde neuf et tout autre de Dieu, «le Royaume».
L'espérance du monde à venir
La venue en gloire du Ressuscité est le signal de l'irruption du monde à venir. Quand Matthieu écrit son évangile, les chrétiens ne voient plus de leurs yeux Jésus. Ils croient qu'il va venir bientôt dans son rayonnement de Ressuscité pour installer totalement et définitivement le monde divin, le Royaume des cieux.
La vie des communautés chrétiennes
Dans cette attente du monde nouveau, des chrétiens trouvent le temps long! Ils ont du mal à veiller, à tenir bon. Le Ressuscité invisible ressemble au maître absent de la parabole. Son absence dure puisque sa venue glorieuse tarde. D'où la lassitude, le doute, le découragement, ou l'endormissement
La parabole entend faire réagir. Jésus a vaincu la nuit, les ténèbres, comme le suggère la mention des quatre parties de la nuit. Autant préparer sa venue en combattant comme il l'a fait les ténèbres, la nuit. Qu'il vienne aujourd'hui ou demain n'a pas d'importance. Dieu sait ce qu'il fait et décidera seul du moment de cette venue. Et puis aussi, le Ressuscité n'est pas absent puisqu'il reste mystérieusement présent avec ses disciples à qui il a confié sa maison, son Église. Le portier de la parabole reçoit une recommandation particulière de veiller. Serait-ce une allusion au rôle de Pierre dans l'assemblée chrétienne?
L'Ancien Testament
Dans l'Ancien Testament, les prophètes annoncent la venue des temps de Dieu, et la venue surprise de Dieu, au Jour connu de lui seul, pour visiter, délivrer et sauver son peuple. Les chrétiens ont vu dans la vie, la mort et la résurrection de Jésus la réalisation cette espérance prophétique.
Le souvenir de Jésus
Jésus a préparé et enseigné ses disciples dans la confiance totale au projet deDieu qu'il est venu accomplir. Le texte de Matthieu correspond bien à l'attitude constante de Jésus demandant à ses disciples de tenir bon et d'être actifs dans la proclamation de l'Évangile.
Le temps de la prière
Seigneur Jésus, Fils de Dieu, tu es venu pour devenir notre frère. Ressuscité, tu nous rencontres aujourd'hui dans les sacrements, l'amour des autres et la prière. Nous attendons ta venue dans la gloire lorsque tu nous introduiras dans ta famille divine. Que ton esprit nous garde du découragement, du doute, de l'abandon et nous communique une foi active, joyeuse et impatiente.
Père Marc Sevin, bibliste
- Détails
« La sainteté est une force communicative » disait Saint Ambroise. L'Eglise nous invite à voir dans la sainteté un chemin pour tous. Un saint n'est pas un étranger lointain ! Ce n'est ni un héros ni un modèle de vertu. C'est un frère ou une sœur qui nous a précédé dans la foi et reste attentif à notre vie. Le saint est un exemple vivant de ce qui est possible pour chacun d'entre nous : à la suite de Jésus, faire de notre vie, une vie sainte.
Pour devenir saint, il n'y a pas 36 000 chemins : il suffit de répondre pleinement à l'amour de Dieu en vivant l'Evangile. C'est-à-dire en aimant, à notre tour, les autres. En ce sens, les saints sont réellement des modèles pour les chrétiens. Non dans l'imitation de leur vie, mais dans l'imitation de la liberté avec laquelle ils ont marché avec Jésus-Christ. L'un aura pu donner sa vie dans le martyr, un autre fonder un ordre, un autre vouer son existence aux pauvres, un autre encore être tout simplement portier dans une école ...
- Détails
Lire la suite : Tous saints… comment renaître à l’Espérance ?
Ô Croix dressée sur le monde,
Ô Croix de Jésus-Christ !
Fleuve dont l'eau féconde
Du cœur ouvert a jailli,
Par toi la vie surabonde,
Ô Croix de Jésus-Christ !
La Croix est si omniprésente dans nos vies qu’on pourrait parfois passer à côté d’elle sans la voir. Il est bon de s’arrêter et de la contempler, afin d’y trouver son sens profond. Et le sens profond de la Croix, de la Sainte Croix, c’est qu’il s’agit d’une croix glorieuse, d’une croix pleine de gloire, d’une croix qui donne la gloire de Dieu aux hommes.
La Croix n’est pas glorieuse par elle-même, elle est glorieuse car Dieu l’a touchée, car Dieu l’a portée, car Dieu s’est laissé cloué sur elle, la Croix est glorieuse car Dieu a versé sur elle les larmes de la peur « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? », la Croix est glorieuse car Dieu a soufflé sur elle son Esprit de miséricorde : « Pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ».
La Croix est glorieuse car Dieu a versé son sang sur elle, pour la multitude des hommes ; et tous les hommes, par le sang versé sur cette Croix, ont été délivrés du pouvoir du mal et introduits dans la vie de lumière du Christ ressuscité.
La Croix est glorieuse car le Christ a versé son sang sur elle, et il est intéressant de noter que, dans la menuiserie et l’ébénisterie, on parle des veines du bois.
Par l’eau et le sang coulant de son côté transpercé, Jésus a irrigué ce qui n’étaient que deux planches de bois, deux planches rudes et pleines d’échardes, et les a transformés en le plus beau des arbres, en un nouvel arbre de Vie.
Dans les veines du bois de la Croix coulent le Sang de l’Alliance éternelle.
Ainsi, tout homme qui mange et boit les fruits de l’arbre de Vie, le Corps et le Sang du Christ, ne périt pas, mais obtient la vie éternelle.
Dans le bois, il y a des veines, et il y a aussi des nœuds. Un nœud, dans le bois, c’est une déformation, une boursouflure, un défaut. Et le bois de la Croix est emplit de ces défauts, de ces failles, de ces boursoufflures, en un mot, de ces péchés, qui existent dans le cœur des hommes.
Sur le bois de la Croix, le Christ a porté tous les péchés, et en a délivré les hommes.
Il a ainsi transformé les nœuds des hommes en un lieu de résurrection ; résurrection pour lui, le Premier-Né d’entre les morts, et pour tous les hommes à sa suite.
Le Christ, le Verbe de Dieu, le maître de toute la création s’est servi du bois de la croix pour lier une relation indestructible avec les hommes.
Comme le dit si bien Paul Claudel, « la Croix tire tout à elle. [Elle] est le point qui ne peut être défait, le nœud qui ne peut être dissous, (…) [elle est] le centre et l’ombilic de la terre, le milieu de l’humanité en qui tout tient ensemble »
Jésus a défait les nœuds de l’humanité pour tisser en son Corps le nœud d’une communion nouvelle et éternelle.
Mais la Croix, ce n’est pas qu’un instant ou un lieu, c’est aussi un chemin.
Saint Paul, le dit, la Croix est la voie de configuration de chaque baptisé au Christ : « Lui qui était Dieu n’a pas revendiqué le rang qui l’égalait à Dieu, mais il s’est anéanti… » C’est en suivant cet abaissement, en livrant sa vie, en donnant sa vie pour ceux qu’on aime que l’on devient disciples du Christ.
Saint Paul lui-même en a fait l’expérience. Dans sa conversion, le Christ a défait le nœud de haine qui plombait le cœur de saint Paul, et c’est ainsi que Paul a su se donner aux hommes à l’image de son Seigneur, venu « non pour juger, mais pour sauver le monde ».
Notre communauté de paroisses Saint Gabriel est construite au bord de la Sarre ; un pas de plus, et on chuterait dans l’eau.
C’est un signe marquant sur le logo que la présence de la Sainte Croix dans l’eau de la Sarre, car cela signifie bien que la Croix nous sauve de la chute, de la noyade ; on peut s’appuyer sur elle pour éviter de tomber, de s’enfoncer.
Cela est aussi le signe de ce salut que Dieu donne aux hommes qui sont tombés dans les remous et les vagues qui peuvent submerger une vie ; à cette Croix les hommes peuvent s’accrocher, pour escalader et remonter, sur la terre bénie par Dieu, avec évidemment toujours la main tendue de Dieu qui nous élève à Lui.
Ainsi, nous serons des témoins de sa gloire, cette gloire qu’il manifeste par la puissance de sa Croix.
- Détails