Communauté de Paroisses St. Gabriel Val de Sarre Nord

 

 

Quand on parle ici de la LOI, on parle de la TORAH et donc des 5 premiers livres de la Bible puis, plus tard, de tout l’ensemble. Dans ces écrits, il y a de nombreuses prescriptions, commandements, injonctions qui régissent la vie sociale et religieuse.

Une multitude de paroles attribuées à Dieu ordonne la conduite à suivre pour, précisément, se rappeler, sans cesse, qu’Il est la source de tout. La question posée à Jésus, même si c’est une manière subtile de vouloir le prendre au piège, est une question légitime et débattue en son temps. Vouloir prioriser, hiérarchiser est, en soi, une bonne chose car tout ne peut pas être mis au même niveau d’importance. Chacun, d’ailleurs, dans sa propre vie, dans ses activités, fait, consciemment ou non, un classement en fonction de ce qui lui apparaît essentiel, premier, nécessaire. Nos priorités définissent souvent qui nous sommes. Et donc, la réponse de Jésus devrait, en quelque sorte, l’obliger à se positionner, au risque de ne pas être dans la droite ligne de ceux qui l’interrogent et des autorités religieuses.

Pour comprendre la réponse de Jésus, en particulier la première partie, il faut évoquer la prière centrale juive, récitée matin et soir, et qu’on appelle le « Shema Israël ». Depuis sa naissance, Jésus l’a entendu, et dès qu’il a pu parler, il était invité à réciter le début de la prière. Plus tard, à partir de ce qu’on appelle la barmitsva, Jésus se doit de la réciter, en entier, deux fois par jour. Voici le texte du Deutéronome6,4-5 d’où provient cette prière obligatoire qui est, de fait, une profession de foi : « Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’Unique. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. »

A présent, vous voyez le rapport avec la réponse de Jésus qui reprend ce que tout juif proclame sans cesse, jour après jour. Donc, pas de surprise mais une confirmation de la part de Jésus de cette disposition de tout croyant : l’écoute de la vérité pour aimer Celui qui est l’Unique. Tout le monde, sans exception, s’accorde sur cela et Jésus aurait pu en rester là. Mais, il ajoute un autre commandement que l’on trouve dans le Lévitique19,18 au milieu de centaines d’autres interdits ou obligations : « tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Et c’est là où Jésus manifeste une priorité, un choix singulier car il élève ce commandement noyé parmi d’autres au rang d’ex aequo avec le premier connu de tous. C’est là que Jésus bouge les lignes et élargit l’amour premier dû à Dieu à l’amour du prochain qui en est comme l’application concrète et vérifiable. Autrement dit, tu dois aimer Dieu de tout ton être, mais ce commandement premier, non-négociable, est inséparable de l’amour du prochain comme si c’était soi-même. Autant on peut être dans l’illusion d’aimer Dieu, et donc se tromper, autant on ne peut feindre d’aimer son prochain. Et Jésus de conclure que toute l’Ecriture, autrement dit la Bible, dépend et découle de ce double commandement. Donc, nous savons quoi faire.