« Ecoutez cette parabole… » commence Jésus en s’adressant à ceux qui font autorité et qui sont chargés de transmettre l’héritage spirituel de leurs pères.
Jésus met alors en scène un homme propriétaire d’une vigne – image de Dieu le Père et de son peuple – qui confie son bien à des vignerons en vue de le gérer et d’en remettre les fruits au moment voulu – image des responsables religieux. Malheureusement, ces derniers se prennent pour les propriétaires et manifestent leur ambition en agissant violemment.
Qui est le Créateur de tout ce qui existe ? Qui est à l’origine de toute vie ? Qui seul peut se dire propriétaire ? Dieu, évidemment ! C’est une évidence qui découle de la nature même de Dieu ; dès lors, nous ne sommes que des créatures, certes douées d’intelligence, de volonté, et aussi de créativité mais tout cela nous a été donné, comme cette terre – peut-être unique dans l’Univers – sur laquelle nous évoluons. Nous ne sommes que des créatures en qui Dieu, gratuitement, dépose son Souffle, son Esprit pour faire de nous des partenaires, à son image et à sa ressemblance. Rien de ce que nous disons avoir, posséder, et même notre personne n’est, en réalité, à nous ! Notre origine est en Dieu, notre source est en Dieu, notre naissance et notre vie se trouve en Dieu, de même que notre avenir tout comme notre présent ! En dehors de Lui, nous sommes inachevés, incomplets, insatisfaits, et donc, au fond, tristes et malheureux, en quête perpétuelle de ce qui nous manque…
Aussi, quand Dieu nous confie quelque chose, et mieux encore, quelqu’un, nous n’en sommes ni propriétaire ni maître. Nous en sommes gérant ou bienfaiteur, nous en sommes administrateur ou partenaire, nous en sommes responsable ou associé. De même, pour les dons de Dieu, les talents et charismes que chacun a pu recevoir – dont certains sont plus visibles que d’autres. Tout cela est au service des autres, de la communauté, en vue du bien. Et le Seigneur attend et espère que chacun lui présente les fruits de bonté, de justice, d’équité qui découlent d’une vie saine et sainte.
Pour en revenir à la parabole, et son sens premier, soyons aussi attentifs à accueillir les signes de Dieu – et les personnes porteuses de ces signes – afin de réorienter toute notre vie vers Celui de qui elle vient.
Dans notre prière, soyons, de plus en plus, dans l’action de grâce, dans la gratitude pour ce que nous avons, bien mieux, pour que ce que nous sommes et pouvons accomplir, quelque soit notre âge, notre force, notre santé. Offrons-nous, tel que, à Celui qui désire faire de la plus petite de nos offrandes, un fruit agréable et savoureux. Ne gardons rien pour soi, si ce n’est comme gérant ou gestionnaire et donc en reconnaissance à celui qui nous fait confiance. Remettons-Lui, chaque jour, tout ce que nous avons, tout ce que nous sommes et nous vivrons alors la plus grande des libertés intérieures.