
On la croyait éteinte. La confession réapparaît dans les pratiques des jeunes générations catholiques. Pour son plus grand malheur ? Arnaud Alibert, rédacteur en chef assomptionniste, voudrait y voir une occasion de fête, là même où certains y voient un mauvais moment à passer.
Il y a un regain de la pratique religieuse dans notre société. Pour le catholicisme, on cite volontiers le nombre des catéchumènes, en explosion, comme la fréquentation des sanctuaires, des rassemblements et de la messe hebdomadaire. On parle peu de la confession. Or, cette habitude, pour ne pas dire obligation, qui s’était progressivement perdue, réapparaît parmi la jeune génération de croyants. Impossible de l’ignorer, et pourquoi pas, de s’en réjouir.
Car si le sacrement de pénitence et de réconciliation, autrement appelé la confession, n’a pas d’utilité sociale directe, il a du sens. Pour le fidèle, il est une réalité spirituelle et sacramentelle autour de laquelle il va réorganiser sa relation à Dieu et aux autres. La confession est alors l’occasion de purifier cette relation, de repartir à neuf, en demandant humblement à Dieu sa miséricorde.
Le pape François en faisait un motif de fête, qu’il a exprimé comme une urgence, dès la première année de son pontificat, en 2013 : « Le sacrement de la pénitence ou confession est, en effet, comme un “deuxième baptême”.… Quand nous allons nous confesser de nos faiblesses, de nos péchés, nous allons demander le pardon de Jésus, mais nous allons aussi renouveler le baptême avec ce pardon. Et cela est beau, c’est comme fêter le jour du baptême dans chaque confession. »
L’erreur est nécessaire
Il n’y aurait que pour les évaluateurs que les erreurs seraient à proscrire, eux qui enseignent l’excellence comme un niveau à atteindre – qui n’a pas rêvé, les étoiles dans les yeux, d’obtenir un zéro faute à sa dictée ? Mais même en ce domaine, les choses bougent. Une professeure de mathématiques, académicienne, soutient que l’erreur est nécessaire et qu’elle est une force pour avancer ; se tromper et corriger est la meilleure manière d’apprendre, assène-t-elle. Vive donc les fautes et la correction !
Reste que le dispositif de la confession met mal à l’aise. Non seulement le pénitent doit faire la vérité sur ses actes, identifiant, en conscience, les moments où il a pu blesser telle ou telle personne. Mais encore, il doit le faire au cours d’un face‑à‑face avec le prêtre, souvent perçu comme une figure d’autorité en surplomb. Une épreuve que le concile Vatican II, malgré ses efforts, a eu du mal à transformer en réjouissance, même en plaçant au centre de la confession l’espérance qui la justifie, à savoir le mystère pascal du Christ. Ainsi, le fidèle passe de la mort à la vie ; une bougie à allumer en est alors le signe. Il ne manquerait plus que le gâteau pour la poser dessus !
Malgré ses aménagements liturgiques, malgré les témoignages décomplexés des jeunes adultes qui n’hésitent pas à mettre ce sacrement dans leur agenda et à en parler comme un moment désirable, la confession fait l’objet de critiques et de suspicion. Ce qui intrigue, déplaît, voire révolte, surtout ceux qui n’en ont jamais fait l’expérience, c’est le secret qui l’entoure. Vue sous ce prisme, la confession ferait presque peur. Mais si on se souvient que dans l’immensité des cas ordinaires, il s’agit d’un moment où, même enfant, on est pris très au sérieux et dont on repart avec une parole positive à mettre en œuvre, alors oui, ça vaut le coup d’une petite fête.
Arnaud Alibert
Prêtre assomptionniste, rédacteur en chef à La Croix
Publié le 30 janvier 2026